À l’époque d’Énos, que signifie « invoquer le nom du Seigneur » ?
Après le meurtre d'Abel et le récit de la famille de Caïn, la narration retourne à Adam et Ève. Ève reçoit Seth comme un autre descendant et relie le nom du garçon à l'action de Dieu. Le rapprochement entre les sons hébreux du nom et du verbe est utile, mais il ne permet pas d'inventer une biographie intérieure complète d'Ève. Le texte indique surtout sa reconnaissance d'un enfant reçu après une perte.
Le verset suivant annonce qu'au temps d'Énos, on commença à invoquer le nom du Seigneur. Ailleurs dans la Genèse, l'expression désigne la prière et l'adoration. Certains commentateurs y voient le début d'une pratique publique ou commune. C'est une interprétation plausible, non la description précise d'une cérémonie ou d'un bâtiment. Le récit de Caïn et d'Abel a déjà mentionné des offrandes, ce qui empêche d'affirmer que personne n'adorait Dieu avant ce moment.
Dans une lecture en groupe, le mot « commencer » attire naturellement l'attention. Il faut néanmoins demander ce qui a vraiment commencé et ce que l'auteur ne précise pas. On ne sait pas si Énos a lui-même inventé une liturgie, ni où le groupe se réunissait. Les traditions et les langues de prière peuvent différer, mais la méthode de lecture reste la même : observer le texte avant de compléter son silence.
Pistes de réflexion
À quel moment une explication probable devient-elle à tort une certitude dans notre manière de raconter le texte ?
Méthode
Nous examinons comment comparer un mot de traduction avec la phrase hébraïque, notamment lorsqu'un nom ou une expression familière se voit attribuer une signification que le texte ne confirme pas.